Groupe Lecture Ecriture

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Home » Ecrire » Ville imaginaire

La ville imaginaire a été le projet d'écriture collective de l'année 2006-07. Suite à une idée lancée par les Activités Culturelles de l'Université de Genève, nous avons produits des textes pour redessiner les rues de Genève et pour créer la ville imaginaire de Mita. Le texte d'Aurélie, une participante du groupe écriture, résume ci-dessous les étapes de ce voyage de ville en ville.

D'abord, ce fut l'arrivée à la gare Cornavin. Rencontre avec des tramways qui tintinnabulent: voilà une façon bien polie de rappeler à l'ordre les piétons trop téméraires ! Rien de commun avec les coups de klaxon vigoureux et répétés des Parisiens que j'ai quittés il y a tout juste quelques heures... Après quelques jours, durant lesquels je commence à m'habituer à Genève et aux mœurs étranges de ses habitants, j'apprends l'existence d'un atelier au nom énigmatique : « groupe lecture-écriture »... Une porte à pousser, je suis face au groupe : des gens qui se connaissent déjà, d'autres qui, comme moi, arrivent à peine ; certains ne feront que passer, je reverrai les autres. Au gré d'un poème, d'une ville, on en apprend plus sur le passé et le présent de chacun. Puis ce sont d'autres villes qui se dressent parmi nous : ne pas oublier de prendre garde à ne pas me tromper d'entrée si je veux descendre au parking de Plainpalais... Parmi toutes ces villes, en voici une qui émerge : elle s'appelle Mita, et c'est là que nous vivrons ensemble pendant une année, au moins un mercredi sur deux. Nous nous y aventurons en groupe. Nous voyons alors se dresser des bâtiments, fondus dans l'alignement rigoureux de la ville ou légèrement en faux par rapport à celui-ci ; des rues et des quartiers apparaissent sous nos yeux, ou dans nos oreilles, le temps d'une lecture. Regardez ce vieillard à droite, il connaît bien des choses sur le passé de la ville... Un homme-moteur manque de nous renverser : les rues ne sont pas si sûres... Au loin, le vieux château jette sur la ville l'ombre de sa splendeur passée, le fleuve Tshiman nous interdit son accès, mais nous braverons les éléments : trop forte est la curiosité qui nous pousse de l'Autre côté... Nous croisons dans ces lieux bien des personnages, ils ne songent même pas à nous saluer : c'est qu'ils sont trop occupés par leurs aventures. Ils s'aiment, ils aiment, ils se détestent, ils se vengent, ils se révoltent, ils explorent, ils souffrent, ils meurent : ces marionnettes prennent vie, et nous, nous tirons leurs ficelles. Mais voilà, il paraît que tout peut arriver, et il est des choses que le destin commande sans que nous ayons les moyens d'opposer la moindre résistance : quarante jours et quarante nuits de pluie ont raison de notre bel édifice, Mita est ravagée sous nos yeux et la fureur du fleuve Tshiman nous ramène brutalement dans la ville réelle. Pourquoi ? Est-ce une punition infligée aux Mitésiens qui ont voulu dompter la nature avec leur ordre géométrique ? Est-ce nous qui sommes visés par la colère des dieux pour nous être aventurés dans des endroits interdits de Mita et de notre imagination ? Ou n'est-ce finalement que le temps qui passe ? Depuis la destruction de Mita, le train m'a ramenée dans une autre ville, celle que j'avais quittée pour rejoindre Genève : maintenant, il me semble parfois que les klaxons des voitures tintinnabulent. Le cycle des années universitaires va reprendre : création, destruction. Le groupe se reformera, sans moi, mais avec d'autres. J'espère que j'aurai la chance d'en faire encore un peu partie : des temps nouveaux et inouïs nous attendent et je brûle déjà d'y plonger !

Exercices d'écriture
1. Autoportrait en forme de ville
2. Une ville imaginaire
3. Un quartier
4. Une rue de Genève
5. Récit à Mita
6. Récit à Mita (suite)
7. Dialogue théâtrale
8. Récit (II)
9. Roman-photo
10. Echange épistolaire
11. Tout peut arriver
12. Image